Ils ne comprennent rien, et je me demande comment c'est possible de ne rien comprendre à ce point. Mais non, t'es dépressif, ils disent. En balayant tout ça d'un revers de main. T'as un caractère dépressif, un état d'esprit de dépressif. J'ai même discuté des idées pourries et poisseuses qui m'encombrent la tête avec une ex-dépressive qui se soigne, et qui m'a dit qu'elle avait eu la même façon de voir les choses, avant, mais qu'avec les médicaments t'y penses plus, tu ne les comprends plus.
C'est effrayant. Qu'est-ce que ça signifie alors, l'âme humaine ? Quand tu prends ces trucs, ça modifie ta perception profonde, la façon qu'a ton esprit de tourner. Et on voudrait me faire croire qu'il existe une possibilité de transcendance. Avec quelques comprimés de couleur, tout se reprogramme comme sur un ordinateur, on presse des boutons, on change des dosages et ta soit-disant âme réagit au millimètre. Un patch, un plug-in et c'est mieux.
Et puis t'arrêtes de penser comme ça. T'arrêtes de penser à l'envers.
Putain.
Comme si le fait de voir le monde autour de soi, une fois retirés tous ces filtres d'optimisme, de croyances, d'espoirs absurdes et infondés, de contes, de légendes, de zen et de philosophie, tous ces filtres qui nous brouillent le regard et altèrent notre jugement, comme si le fait de voir le monde nu, réel et solide, cruel dans son absence de logique et de sens, comme si cette vision là, la plus pure et sincère qui soit, était une maladie. Ce n'est pas une maladie, c'est la prise de conscience du néant. Que faire contre ça ? Que faire contre la vérité ?
La maladie, je dis que c'est cette névrose obsessionnelle qui nous pousse à inventer et inventer sans cesse des histoires, à sourire devant l'infini et les étoiles que l'on veut bienveillantes et chargées de sens, à s'étouffer l'esprit d'amour démesuré pour des gens qui mourront ou nous laisseront seul lorsqu'il faudra faire face au vide, à construire frénétiquement ce qui sera détruit, à produire, à graver ce qui sera effacé. Tu vas mourir et tout le monde va mourir, alors fais quelque chose.
Mais il fait froid, et il n'y a rien qui puisse nous sauver car il n'y a rien. Ne traînent ça et là que quelques compagnons de misère, frères et sœurs dans la fatalité, contre qui on trouvera peut-être le réconfort de se blottir quand le désespoir et l'horreur menaceront de nous rendre fous.
S'ils comprennent encore, et ne préfèrent pas s'écarter en nous regardant bizarrement.
jeudi 30 avril 2009
samedi 11 avril 2009
Jeez
Vers midi on sonne à ma porte. Je n'attends personne et j'hésite un instant à ouvrir. Et puis je ne sais pas ce qui me passe sous le crâne, je fais rentrer Tara qui grignotait des brins d'herbe dans la cour et je vais voir. Ce sont deux types assez jeunes, bien fringués, typés arabes. Celui de droite est un peu plus balourd que l'autre, moins classe, et d'ailleurs il n'ouvrira pas la bouche une seule fois.
Je comprends tout de suite que ce sont des témoins de Jéhovah et je me demande ce que je vais bien pouvoir leur dire pour ne pas les inviter à entrer discuter de Jésus et de la résurrection avec moi, étant donné que je n'en ai rien à cirer d'une part, et que je ne fais jamais entrer personne chez moi de toutes façons.
Je leur dis bonjour et j'attends. Le plus classe des deux prend la parole mais il bafouille. On dirait qu'il récite un argumentaire commercial appris le matin même, n'en revenant pas que j'y prête l'oreille, se demandant à quel moment est-ce que je vais lui claquer la porte au nez.
Si vous écoutez les gens, ils sont tous très forts dans la gestion des témoins de Jéhovah. Ils savent les mettre mal à l'aise et les pousser dans leurs derniers retranchements. Parce que les gens ils sont trop forts et ils ont carrément trop réfléchi sur la religion, et ils savent bien que Dieu n'existe pas eux, ah ah, et que ces mecs qui frappent à leur porte sont vraiment des cons. Si vous écoutez les gens, chaque fois qu'un couple de témoins de Jéhovah frappe à leur porte, ils leur parlent de l'évolution, du paradoxe du nombril d'Adam, et les achèvent avec un laïus sur tout le mal qui est fait ici bas, que Dieu il pourrait pas laisser faire ça s'il existait en vrai. Les gens, ils gèrent trop leur mère. J'imagine qu'une fois les deux pauvres gars réduits au silence, ils leur referment fièrement la porte dessus et vont passer un coup de fil pour répandre la nouvelle. J'ai parlé du nombril d'Adam à deux abrutis de témoins de Jéhovah, t'aurais vu leur gueule, ça les a bien calmés, ah ah.
Moi je ne crois pas en Dieu, ni en une entité intelligente, ni même en "quelque chose qui existe forcément", je ne crois en rien du tout. Je préfèrerais être persuadé qu'une fois mon corps crevé, raide et boudeur, mon âme médiocre et commune se détache et s'élève je ne sais où, mais j'y arrive pas. On fait comme on peut. Intellectuellement, la spiritualité m'intéresse, mais pas plus. Par contre je n'ai prévu aucun discours anti-Jéhovah, et je n'ai aucune intention de faire le malin avec le nombril d'Adam ou le boulot de Darwin. Pendant que le type me parle (je n'écoute pratiquement rien de ce qu'il dit mais je fais très bien semblant), je cherche quelque chose de définitif.
- Par exemple, bafouille-t-il... Euh, des fois... Quand il se passe... Dans des événements graves, est-ce que vous... Parce que des fois on se dit... Euh... Pensez-vous que certaines choses sont prédestinées ?
- Non.
Je lui réponds en souriant et sans animosité. Il me fait un peu de la peine, à s'embourber dans son argumentaire. Je me demande comment tant de gens peuvent avoir le cœur de tirer sur l'ambulance, j'aurais l'impression de dire "c'est vraiment de la merde" à un enfant qui me montrerait le dessin qu'il vient de faire pour moi.
- Ah ! Et bien justement... C'est ce que... Et bien la Bible... Alors parce que nous en tant que croyants...
Je ne comprends rien à ce qu'il raconte. Ca n'a pas trop de sens, mais je crois qu'il veut me dire que c'est cool parce que la Bible ne croit pas non plus que tout soit prédestiné, quelle coïncidence (je pourrais lui répondre que moi je crois que RIEN n'est prédestiné, ce qui fait quand même une assez grosse différence, et pas seulement sémantique, mais je n'ai pas la force). A un moment il sort un prospectus et l'ouvre à la page "Question des lecteurs" pour me dire que ce petit paragraphe explique bien la position de la Bible. Et que c'est la Bible qui compte pour eux, pas ce que racontent les gens.
Est-ce que ça m'intéresse d'avoir ce prospectus ?
Je lui réponds lamentablement que je n'ai vraiment pas le temps de discuter avec eux plus longtemps (quelle imagination, quel sens de la répartie, à moi Molière et Tchékov !) mais que oui, leur petit machin m'intéresse, là. Au cas où je m'emmerde dans le week-end. C'est le genre de brochure susceptible de me tenir énervé pendant une heure ou deux, et soyons fou, de peut-être générer un post sur mon blog. Je la prends, il a l'air content.
Et puis ils me disent au revoir et prennent congé. Ils n'ont même pas essayé d'entrer, ne m'ont pas demandé si j'étais au courant que Jésus m'aimait (à peine un : "êtes-vous croyant ?" auquel j'ai répondu par un deuxième "non" laconique).
J'ai tenté de lire le fameux paragraphe expliquant que c'est trop cool parce que la Bible est presque d'accord avec moi, mais je n'ai pas pas réussi à le terminer. La bonne volonté, ça dure pas.
Je comprends tout de suite que ce sont des témoins de Jéhovah et je me demande ce que je vais bien pouvoir leur dire pour ne pas les inviter à entrer discuter de Jésus et de la résurrection avec moi, étant donné que je n'en ai rien à cirer d'une part, et que je ne fais jamais entrer personne chez moi de toutes façons.
Je leur dis bonjour et j'attends. Le plus classe des deux prend la parole mais il bafouille. On dirait qu'il récite un argumentaire commercial appris le matin même, n'en revenant pas que j'y prête l'oreille, se demandant à quel moment est-ce que je vais lui claquer la porte au nez.
Si vous écoutez les gens, ils sont tous très forts dans la gestion des témoins de Jéhovah. Ils savent les mettre mal à l'aise et les pousser dans leurs derniers retranchements. Parce que les gens ils sont trop forts et ils ont carrément trop réfléchi sur la religion, et ils savent bien que Dieu n'existe pas eux, ah ah, et que ces mecs qui frappent à leur porte sont vraiment des cons. Si vous écoutez les gens, chaque fois qu'un couple de témoins de Jéhovah frappe à leur porte, ils leur parlent de l'évolution, du paradoxe du nombril d'Adam, et les achèvent avec un laïus sur tout le mal qui est fait ici bas, que Dieu il pourrait pas laisser faire ça s'il existait en vrai. Les gens, ils gèrent trop leur mère. J'imagine qu'une fois les deux pauvres gars réduits au silence, ils leur referment fièrement la porte dessus et vont passer un coup de fil pour répandre la nouvelle. J'ai parlé du nombril d'Adam à deux abrutis de témoins de Jéhovah, t'aurais vu leur gueule, ça les a bien calmés, ah ah.
Moi je ne crois pas en Dieu, ni en une entité intelligente, ni même en "quelque chose qui existe forcément", je ne crois en rien du tout. Je préfèrerais être persuadé qu'une fois mon corps crevé, raide et boudeur, mon âme médiocre et commune se détache et s'élève je ne sais où, mais j'y arrive pas. On fait comme on peut. Intellectuellement, la spiritualité m'intéresse, mais pas plus. Par contre je n'ai prévu aucun discours anti-Jéhovah, et je n'ai aucune intention de faire le malin avec le nombril d'Adam ou le boulot de Darwin. Pendant que le type me parle (je n'écoute pratiquement rien de ce qu'il dit mais je fais très bien semblant), je cherche quelque chose de définitif.
- Par exemple, bafouille-t-il... Euh, des fois... Quand il se passe... Dans des événements graves, est-ce que vous... Parce que des fois on se dit... Euh... Pensez-vous que certaines choses sont prédestinées ?
- Non.
Je lui réponds en souriant et sans animosité. Il me fait un peu de la peine, à s'embourber dans son argumentaire. Je me demande comment tant de gens peuvent avoir le cœur de tirer sur l'ambulance, j'aurais l'impression de dire "c'est vraiment de la merde" à un enfant qui me montrerait le dessin qu'il vient de faire pour moi.
- Ah ! Et bien justement... C'est ce que... Et bien la Bible... Alors parce que nous en tant que croyants...
Je ne comprends rien à ce qu'il raconte. Ca n'a pas trop de sens, mais je crois qu'il veut me dire que c'est cool parce que la Bible ne croit pas non plus que tout soit prédestiné, quelle coïncidence (je pourrais lui répondre que moi je crois que RIEN n'est prédestiné, ce qui fait quand même une assez grosse différence, et pas seulement sémantique, mais je n'ai pas la force). A un moment il sort un prospectus et l'ouvre à la page "Question des lecteurs" pour me dire que ce petit paragraphe explique bien la position de la Bible. Et que c'est la Bible qui compte pour eux, pas ce que racontent les gens.
Est-ce que ça m'intéresse d'avoir ce prospectus ?
Je lui réponds lamentablement que je n'ai vraiment pas le temps de discuter avec eux plus longtemps (quelle imagination, quel sens de la répartie, à moi Molière et Tchékov !) mais que oui, leur petit machin m'intéresse, là. Au cas où je m'emmerde dans le week-end. C'est le genre de brochure susceptible de me tenir énervé pendant une heure ou deux, et soyons fou, de peut-être générer un post sur mon blog. Je la prends, il a l'air content.
Et puis ils me disent au revoir et prennent congé. Ils n'ont même pas essayé d'entrer, ne m'ont pas demandé si j'étais au courant que Jésus m'aimait (à peine un : "êtes-vous croyant ?" auquel j'ai répondu par un deuxième "non" laconique).
J'ai tenté de lire le fameux paragraphe expliquant que c'est trop cool parce que la Bible est presque d'accord avec moi, mais je n'ai pas pas réussi à le terminer. La bonne volonté, ça dure pas.
jeudi 19 mars 2009
Welcome
Quant à notre indispensable parti socialiste, il tape du poing sur la table et dépose une proposition de loi "Welcome" après avoir découvert l'incroyable vérité au cinéma. Ou comment s'approprier une oeuvre que j'imaginais (relativement) complexe, pour en faire un argument de démagogie simpliste et insupportable (je voulais aller voir le film, notamment pour l'intensité de la relation entre Lindon et l'immigré irakien, mais l'idée même me paraissait intéressante, avec une vraie intrigue pour une fois).
Je n'irai pas, c'est au-dessus de mes forces. L'ambition du réalisateur semble pourtant dépasser la simple "dénonciation-que-c'est-la-faute-au-gouvernement-et-à-la-police-qui-sont-trop-méchants", mais on dirait que tous les politiciens sans idées se sont passés le mot pour en bousiller la promo. D'un côté, les limaces de gauche qui le brandissent comme un tract, et de l'autre, les limaces de droite qui boudent et proclament que c'est franchement pas un bon film parce que faut pas exagérer, c'est même pas comme ça en vrai.
Laissez les gens raconter de bonnes histoires, merde. On a déjà du mal avec le cinéma en France, y'a pas besoin de ça.
Je n'irai pas, c'est au-dessus de mes forces. L'ambition du réalisateur semble pourtant dépasser la simple "dénonciation-que-c'est-la-faute-au-gouvernement-et-à-la-police-qui-sont-trop-méchants", mais on dirait que tous les politiciens sans idées se sont passés le mot pour en bousiller la promo. D'un côté, les limaces de gauche qui le brandissent comme un tract, et de l'autre, les limaces de droite qui boudent et proclament que c'est franchement pas un bon film parce que faut pas exagérer, c'est même pas comme ça en vrai.
Laissez les gens raconter de bonnes histoires, merde. On a déjà du mal avec le cinéma en France, y'a pas besoin de ça.
Ave Maria
Après l'excommunication (finalement annulée) de la mère de la petite fille de 9 ans ayant dû avorter au Brésil, le récent discours du pape à propos des préservatifs est l'occasion pour toute une troupe de bloggeurs, d'éditorialistes à deux balles et de trous du cul de bas étage de s'indigner avec flamme. Les expressions utilisées rivalisent de créativité et de saine colère. Je ne suis pas aussi bon que ce tas de marginaux qui ose crier au grand jour des vérités auxquelles la quasi-totalité de l'humanité adhère déjà, alors pour faire simple, voici ce qu'il faut retenir : c'est scandaleux, le pape il est méchant.
Il y a de quoi être surpris ! Moi en tout cas, je tombe des nues. Jusqu'alors, j'étais en effet persuadé que la religion catholique c'était juste pour s'amuser. Et le pape avait tellement l'air d'un gentil vieillard souriant que je ne m'étais pas méfié.
J'ai l'impression qu'on a oublié que derrière le pape il y a l'église catholique, ou bien qu'on ne sait plus exactement ce que c'est qu'une religion. Pour rappel, dans l'avion qui l'emmenait au Cameroun, Benoît XVI a eu cette réflexion hautement progressiste : "Vous ne pouvez pas combattre le SIDA avec la distribution de préservatifs, au contraire, cela aggrave le problème." Et là-dessus, branle-bas de combat, horreur et stupéfaction.
Mais ça surprend qui, sans déconner ? Quel résidu de chiure de bisounours faut-il bien être pour jouer les stupéfaits devant une telle prise de position ? Ah ben oui, merde alors, dans la religion catholique c'est interdit de faire des cochonneries au fond d'un lit si c'est pas pour avoir des gosses.
Les gens qui s'excitent et vocifèrent en accusant le pape d'être un salaud oublient juste un petit détail : c'est pas le pape qui a écrit la Bible. C'est pas le pape qui a inventé la religion catholique. Les règles du jeu sont fixées depuis 2000 ans, et c'est pas vraiment comme dans un Monopoly entre potes. C'est pas comme si on avait le droit de changer ce qui ne nous plait pas, tranquille, la fleur aux dents, parce que tous ces trucs ont quand même vachement vieilli, hé.
Où est-ce qu'on s'est imaginé que les religions pouvaient être progressistes au-delà de certains détails d'interprétation ? Elles sont sclérosées, rigides et corsetées, parce que Dieu n'a écrit qu'un seul livre, qu'on n'a plus de nouvelles depuis, et que personne ne peut prendre la responsabilité de moderniser les vieilleries qu'il a sorties au mont Sinaï. Surtout pas le pape, qui est censé être son représentant direct. Le jour où son message se transformera en : "d'accord, on annule le péché de la chair, on va enlever les pages qui y font allusion", il n'y aura plus de religion catholique.
Mais en attendant, le délire "citoyen-du-monde-gros-calins-et-ptits-bisous" qui découvre que le catholicisme n'est pas une annexe du Club Dorothée me tape singulièrement sur le système.
Il y a de quoi être surpris ! Moi en tout cas, je tombe des nues. Jusqu'alors, j'étais en effet persuadé que la religion catholique c'était juste pour s'amuser. Et le pape avait tellement l'air d'un gentil vieillard souriant que je ne m'étais pas méfié.
J'ai l'impression qu'on a oublié que derrière le pape il y a l'église catholique, ou bien qu'on ne sait plus exactement ce que c'est qu'une religion. Pour rappel, dans l'avion qui l'emmenait au Cameroun, Benoît XVI a eu cette réflexion hautement progressiste : "Vous ne pouvez pas combattre le SIDA avec la distribution de préservatifs, au contraire, cela aggrave le problème." Et là-dessus, branle-bas de combat, horreur et stupéfaction.
Mais ça surprend qui, sans déconner ? Quel résidu de chiure de bisounours faut-il bien être pour jouer les stupéfaits devant une telle prise de position ? Ah ben oui, merde alors, dans la religion catholique c'est interdit de faire des cochonneries au fond d'un lit si c'est pas pour avoir des gosses.
Les gens qui s'excitent et vocifèrent en accusant le pape d'être un salaud oublient juste un petit détail : c'est pas le pape qui a écrit la Bible. C'est pas le pape qui a inventé la religion catholique. Les règles du jeu sont fixées depuis 2000 ans, et c'est pas vraiment comme dans un Monopoly entre potes. C'est pas comme si on avait le droit de changer ce qui ne nous plait pas, tranquille, la fleur aux dents, parce que tous ces trucs ont quand même vachement vieilli, hé.
Où est-ce qu'on s'est imaginé que les religions pouvaient être progressistes au-delà de certains détails d'interprétation ? Elles sont sclérosées, rigides et corsetées, parce que Dieu n'a écrit qu'un seul livre, qu'on n'a plus de nouvelles depuis, et que personne ne peut prendre la responsabilité de moderniser les vieilleries qu'il a sorties au mont Sinaï. Surtout pas le pape, qui est censé être son représentant direct. Le jour où son message se transformera en : "d'accord, on annule le péché de la chair, on va enlever les pages qui y font allusion", il n'y aura plus de religion catholique.
Mais en attendant, le délire "citoyen-du-monde-gros-calins-et-ptits-bisous" qui découvre que le catholicisme n'est pas une annexe du Club Dorothée me tape singulièrement sur le système.
jeudi 5 mars 2009
Meat'n'cheese
"On se disait que si t'étais arrêté deux semaines c'est parce que l'opération avait duré longtemps, parce qu'après t'avoir ouvert le ventre il a fallu que le chirurgien écarte tous les hamburgers dedans pour trouver l'appendice."
Sophie De K.
mercredi 4 mars 2009
Slumdog Millionaire
De toutes façons, Danny Boyle c'est un peu le patron quand il s'agit de monter des séquences mortelles sur de la musique mortelle, et d'emballer des plans jubilatoires. Slumdog c'est juste du pur cinéma, énergique, criard et mélodramatique. Ca s'inspire du cinéma Bollywood pour l'histoire d'amour absolue et les personnages typés, mais ça les pervertit suffisamment pour qu'on n'ait pas l'impression d'être pris pour un con. C'est beau, ça brille, ça sent bon, et ça me donne ce que je peine tellement à trouver dans tous ces trucs insipides que je persiste à aller voir à longueur d'année : la suspension d'incrédulité. A un moment, t'es tellement dedans que t'applaudirais presque avec des yeux ronds d'admiration.
Une pelletée de critiques sérieusement gâteux et de snobs en goguette a élevé la voix pour qualifier le film de répugnante vision occidentale de l'Inde. La formule est jolie non ? Répugnant, c'est un mot qui calme tout de suite. C'est à cause que l'histoire se déroule dans les bidonvilles de Mumbay et qu'on y voit surtout pauvreté et misère. So what ? Ben c'est pas bien de ne montrer que ce côté-là de l'Inde.
Salauds de britanniques néocolonialistes. Boyle aurait dû équilibrer en parlant des côtés positifs, en montrant qu'il y avait autre chose que les bidonvilles. Parce que là vraiment, on ne voit que des méchants sur le parcours du héros, et la vraie vie en Inde c'est quand même pas comme ça (n'imaginons pas une seconde, esprits étroits que nous sommes, que le script ait cherché à évoquer à la fois le Dickens d'Oliver Twist et le merveilleux des productions Bollywood).
Pour oublier très vite les idées dégueulasses véhiculées par ce torchon négationniste (je prends des cours chez Libé), les veaux trépanés cités plus haut conseillent de se passer plutôt des films de vrais réalisateurs indiens qui ont un vrai regard sur leur vrai pays et sa culture. Comme si ça avait un rapport. Les autres cultureux à deux balles, qui ont jeté un oeil un jour dans le guide du routard, peuvent placer ici une anecdote sur les pratiques religieuses indiennes ou la population de Mumbay, pour montrer qu'ils s'y connaissent pour de vrai. En fait, Boyle n'aurait pas dû faire un film mais un documentaire. Même les inrocks auraient applaudi.
J'aurais presque envie de développer sur le personnage de Mamane qui renvoie directement au Fagin de Dickens (on peut jouer les écoeurés qui savent lire les sous-textes répugnants, mais passer à côté de ça sans mourir de honte ?), et sur le personnage de Salim qui donne au film l'élan nécessaire pour finir en feu d'artifice, mais le post deviendrait barbant et le film trouvera sa place tout seul. Quand c'est bon comme ça, on n'a pas besoin des critiques. Go and see.
vendredi 20 février 2009
Point de Mc Burney
Dimanche.
Alors que j'ai passé l'après-midi dans une sorte de transe de génie ménager, changeant tous les meubles de place parce qu'il me semblait enfin avoir découvert l'organisation idéale (à laquelle même un expert du Feng-Shui ne trouverait rien à redire, vu que les énergies cosmiques peuvent maintenant passer librement de la fenêtre du salon jusqu'à... et bien le mur du fond...), alors que j'ai passé cet après-midi à ranger, aspirer et dépoussiérer, je suis soudain pris de douleurs persistantes dans l'abdomen.
Au départ, je n'y fais pas attention, mais je ne peux rapidement plus marcher normalement. Je suis obligé de me casser en deux. Tara, qui a entamé ses chaleurs dans la matinée, m'observe en frottant sa tête contre les meubles.
Après vingt minutes, je me pense atteint de gastro-entérite. Je n' en a jamais eu avant et je ne sais pas à quoi ça ressemble, mais je me souviens de Daniel disant qu'il ne connait rien de plus douloureux.
Après une demi-heure, recroquevillé sur mon lit, incapable de trouver une position antalgique, j'ajoute à ce diagnostic potentiel celui de l'indigestion carabinée, ou de l'intoxication alimentaire pure et simple (ceux qui me connaissent assez bien vous diront qu'il est déjà miraculeux que ce ne soit pas arrivé avant).
Sauf qu'il y a un problème : ça ne ressemble à aucune douleur connue. Ca ne me semble même pas "digestif". Il n'y a pas cette impression des intestins qui se tordent, il n'y a ni pics ni reflux, le mal est continu et ne me lâche jamais, quelle que soit ma position.
Je ne suis pas douillet. Je veux dire, il y a des choses qui me hérissent en pensée, des images mentales que je redoute (tout ce qui a trait aux yeux par exemple, j'ai du mal ; j'avais vu une illustration d'une lobotomie à l'ancienne, un jour, et ils passaient par dessus le globe oculaire avec un poinçon métallique, pour atteindre le cerveau et cisailler je ne sais quels neurones, j'en étais resté tétanisé, presque outré), mais j'ai une certaine résistance à la douleur. Pas que j'en tire une quelconque fierté, j'aurais préféré être un musicien de génie douillet si j'avais eu le choix, mais enfin.
Je ne suis pas vraiment douillet, mais à partir de 18h ou 18h30, je me tords de douleur sur mon lit. Et Tara qui n'y comprend rien ou s'en fout, fait écho à mes geignements avec des miaou mélodramatiques. On dirait un duo comique, mais sur le moment je la tuerais. Je ne supporte rien, ni le bruit ni la lumière, tout m'arrache des gémissements de bête blessée.
Alors je pense à une troisième possibilité : l'infarctus du myocarde. Le cerveau est tellement mal câblé qu'il confond la douleur cardiaque avec à peu près n'importe quoi : engourdissement du bras gauche, lourdeur des derniers doigts ou maux d'estomac lancinants.
L'ennui c'est que je ne suis pas fichu de localiser la douleur. C'est juste partout dans l'abdomen. Au bout de deux heures à endurer ça, contraint et forcé, blanc comme un linge, brûlant de fièvre et inondé de sueur, j'appelle SOS Médecins.
Qui me répondent qu'ils n'ont personne de dispo, et que boah, si j'ai du Spasfon j'ai qu'à en prendre, ça devrait aller mieux. Non mais les mecs je vous jure, j'ai jamais eu mal au ventre comme ça, on dirait que les légions infernales sont en train de m'arracher des bouts de viscères à la fourche, je parie que même le cosmonaute du Nostromo n'en bavait pas autant avec son alien dans le bide, vous êtes sûrs qu'on va régler ça avec du Spasfon ? Puis en plus j'en ai même pas.
Avant d'appeler la police pour faire ouvrir la pharmacie de garde (il est maintenant 20h passées), je me tourne vers mon père, qui semble carrément sceptique sur cette histoire de Spasfon. Et pour lui, ça ressemble à une appendicite. Dès que le mot est lâché, je suis convaincu que c'est ça. Je m'enfonce des doigts un peu partout sous le nombril et oui, la source de tout se situe au côté droit. Merde.
Je tergiverse néanmoins. L'hôpital le plus proche est à un quart-heure de voiture, dans cet antre médiatico-maléfique qu'est Montfermeil (regardez la télé : quand ça crame, que ça tabasse ou que ça viole en France, vous avez le choix entre Saint-Denis et Clichy-Montfermeil), et la douleur est curieusement en train de perdre de son intensité. Ben voyons.
Ca me fait ça tout le temps, en réalité. Si j'ai très mal et que je me dis que cette fois c'est décidé, je vais consulter, comme par hasard je n'ai plus aussi mal. Je finis donc par appeler un taxi vers 21h et j'y vais. Je me sens un peu stupide. Tu vas voir, à tous les coups ils vont me donner du Spasfon.
Quand je me pointe devant le médecin, je ne sens presque plus rien. Pour un peu je tournerais les talons. Il prend toutefois ça au sérieux, et demande tout de suite une radio et une prise de sang (à propos de cette dernière, moi qui m'en faisais une image mentale épouvantable, je me rends finalement compte que l'horreur fantasmée ne résiste pas à la réalité : ça fait moins mal qu'une piqûre de guêpe).
J'attends, j'attends. Ils sont sympathiques ici, dis donc. Ils se font des blagues entre eux que je ne comprends pas, mais ça a l'air très drôle. Dans cette ambiance bon-enfant je n'ai pratiquement plus aucun doute : je n'ai rien, évidemment.
A minuit et demie, un médecin que je n'ai jamais vu vient me poser des questions, mes résultats d'analyse en main. Lui, il n'a pas l'air d'avoir envie de plaisanter. Vous êtes malade en ce moment ? Vous suivez un traitement ? Rien du tout ? Bon, vous avez 20 000 blancs, il faut faire une échographie.
Hein ? 20 000 ? C'est trop ? Il me fout la trouille ce type, il m'impressionne. Je le suis à travers une succession de couloirs vides et d'ascenseurs si lents qu'on dirait qu'ils somnolent. Nous descendons. Il n'y a aucun bruit que celui de nos pas sur le lino. Néons blafards, odeurs de désinfectant. Un homme taciturne nous ouvre une porte. Il n'y a personne nulle part, on se croirait dans un film de Dario Argento.
Puis table d'opération, gel d'échographie, attention c'est froid. Qu'est-ce que je fous là ? Je ne sais pas pourquoi je suis venu, je n'ai rien. Et puis je bosse demain.
Le type n'a pas l'air de trouver ce qu'il cherche. Il tourne et retourne autour du même endroit. Vous avez mal là ? Oui. Tournez vous sur le côté. Je me tournne. Revenez sur le dos. Ok. C'est une appendicite. Il montre l'écran à son collègue.
Appendice complètement tuméfié, et il y a déjà un épanchement autour. C'est aigü, il faut opérer tout de suite. Et merde.
.
.
.
- Comment c'est possible que ce soit arrivé si brusquement ? Je n'avais rien, et une demi-heure plus tard je me tordais de douleur.
- Ca devait couver depuis plusieurs jours, mais vous n'avez rien senti avant.
Comme me le rappellera L. au téléphone depuis GMK, deux jours plus tard : j'étais effectivement sur les rotules tout vendredi, et quasiment dans les limbes pendant la soirée, au moment de la répétition.
Ce qui me travaille finalement le plus, c'est que si je m'étais écouté je ne serais pas allé à l'hôpital, et j'aurais tranquillement attendu la péritonite. Ca aurait pu arriver, j'ai failli le faire. Je me demande s'il existe une autre version de moi, actuellement en train de mourir d'une septicémie dans une dimension parallèle. Au lieu d'écouter les Beatles en regadant le ciel gris, avec une cicatrice "McBurney" sur l'abdomen, quoi.
Du Spasfon, je t'en foutrais.
Alors que j'ai passé l'après-midi dans une sorte de transe de génie ménager, changeant tous les meubles de place parce qu'il me semblait enfin avoir découvert l'organisation idéale (à laquelle même un expert du Feng-Shui ne trouverait rien à redire, vu que les énergies cosmiques peuvent maintenant passer librement de la fenêtre du salon jusqu'à... et bien le mur du fond...), alors que j'ai passé cet après-midi à ranger, aspirer et dépoussiérer, je suis soudain pris de douleurs persistantes dans l'abdomen.
Au départ, je n'y fais pas attention, mais je ne peux rapidement plus marcher normalement. Je suis obligé de me casser en deux. Tara, qui a entamé ses chaleurs dans la matinée, m'observe en frottant sa tête contre les meubles.
Après vingt minutes, je me pense atteint de gastro-entérite. Je n' en a jamais eu avant et je ne sais pas à quoi ça ressemble, mais je me souviens de Daniel disant qu'il ne connait rien de plus douloureux.
Après une demi-heure, recroquevillé sur mon lit, incapable de trouver une position antalgique, j'ajoute à ce diagnostic potentiel celui de l'indigestion carabinée, ou de l'intoxication alimentaire pure et simple (ceux qui me connaissent assez bien vous diront qu'il est déjà miraculeux que ce ne soit pas arrivé avant).
Sauf qu'il y a un problème : ça ne ressemble à aucune douleur connue. Ca ne me semble même pas "digestif". Il n'y a pas cette impression des intestins qui se tordent, il n'y a ni pics ni reflux, le mal est continu et ne me lâche jamais, quelle que soit ma position.
Je ne suis pas douillet. Je veux dire, il y a des choses qui me hérissent en pensée, des images mentales que je redoute (tout ce qui a trait aux yeux par exemple, j'ai du mal ; j'avais vu une illustration d'une lobotomie à l'ancienne, un jour, et ils passaient par dessus le globe oculaire avec un poinçon métallique, pour atteindre le cerveau et cisailler je ne sais quels neurones, j'en étais resté tétanisé, presque outré), mais j'ai une certaine résistance à la douleur. Pas que j'en tire une quelconque fierté, j'aurais préféré être un musicien de génie douillet si j'avais eu le choix, mais enfin.
Je ne suis pas vraiment douillet, mais à partir de 18h ou 18h30, je me tords de douleur sur mon lit. Et Tara qui n'y comprend rien ou s'en fout, fait écho à mes geignements avec des miaou mélodramatiques. On dirait un duo comique, mais sur le moment je la tuerais. Je ne supporte rien, ni le bruit ni la lumière, tout m'arrache des gémissements de bête blessée.
Alors je pense à une troisième possibilité : l'infarctus du myocarde. Le cerveau est tellement mal câblé qu'il confond la douleur cardiaque avec à peu près n'importe quoi : engourdissement du bras gauche, lourdeur des derniers doigts ou maux d'estomac lancinants.
L'ennui c'est que je ne suis pas fichu de localiser la douleur. C'est juste partout dans l'abdomen. Au bout de deux heures à endurer ça, contraint et forcé, blanc comme un linge, brûlant de fièvre et inondé de sueur, j'appelle SOS Médecins.
Qui me répondent qu'ils n'ont personne de dispo, et que boah, si j'ai du Spasfon j'ai qu'à en prendre, ça devrait aller mieux. Non mais les mecs je vous jure, j'ai jamais eu mal au ventre comme ça, on dirait que les légions infernales sont en train de m'arracher des bouts de viscères à la fourche, je parie que même le cosmonaute du Nostromo n'en bavait pas autant avec son alien dans le bide, vous êtes sûrs qu'on va régler ça avec du Spasfon ? Puis en plus j'en ai même pas.
Avant d'appeler la police pour faire ouvrir la pharmacie de garde (il est maintenant 20h passées), je me tourne vers mon père, qui semble carrément sceptique sur cette histoire de Spasfon. Et pour lui, ça ressemble à une appendicite. Dès que le mot est lâché, je suis convaincu que c'est ça. Je m'enfonce des doigts un peu partout sous le nombril et oui, la source de tout se situe au côté droit. Merde.
Je tergiverse néanmoins. L'hôpital le plus proche est à un quart-heure de voiture, dans cet antre médiatico-maléfique qu'est Montfermeil (regardez la télé : quand ça crame, que ça tabasse ou que ça viole en France, vous avez le choix entre Saint-Denis et Clichy-Montfermeil), et la douleur est curieusement en train de perdre de son intensité. Ben voyons.
Ca me fait ça tout le temps, en réalité. Si j'ai très mal et que je me dis que cette fois c'est décidé, je vais consulter, comme par hasard je n'ai plus aussi mal. Je finis donc par appeler un taxi vers 21h et j'y vais. Je me sens un peu stupide. Tu vas voir, à tous les coups ils vont me donner du Spasfon.
Quand je me pointe devant le médecin, je ne sens presque plus rien. Pour un peu je tournerais les talons. Il prend toutefois ça au sérieux, et demande tout de suite une radio et une prise de sang (à propos de cette dernière, moi qui m'en faisais une image mentale épouvantable, je me rends finalement compte que l'horreur fantasmée ne résiste pas à la réalité : ça fait moins mal qu'une piqûre de guêpe).
J'attends, j'attends. Ils sont sympathiques ici, dis donc. Ils se font des blagues entre eux que je ne comprends pas, mais ça a l'air très drôle. Dans cette ambiance bon-enfant je n'ai pratiquement plus aucun doute : je n'ai rien, évidemment.
A minuit et demie, un médecin que je n'ai jamais vu vient me poser des questions, mes résultats d'analyse en main. Lui, il n'a pas l'air d'avoir envie de plaisanter. Vous êtes malade en ce moment ? Vous suivez un traitement ? Rien du tout ? Bon, vous avez 20 000 blancs, il faut faire une échographie.
Hein ? 20 000 ? C'est trop ? Il me fout la trouille ce type, il m'impressionne. Je le suis à travers une succession de couloirs vides et d'ascenseurs si lents qu'on dirait qu'ils somnolent. Nous descendons. Il n'y a aucun bruit que celui de nos pas sur le lino. Néons blafards, odeurs de désinfectant. Un homme taciturne nous ouvre une porte. Il n'y a personne nulle part, on se croirait dans un film de Dario Argento.
Puis table d'opération, gel d'échographie, attention c'est froid. Qu'est-ce que je fous là ? Je ne sais pas pourquoi je suis venu, je n'ai rien. Et puis je bosse demain.
Le type n'a pas l'air de trouver ce qu'il cherche. Il tourne et retourne autour du même endroit. Vous avez mal là ? Oui. Tournez vous sur le côté. Je me tournne. Revenez sur le dos. Ok. C'est une appendicite. Il montre l'écran à son collègue.
Appendice complètement tuméfié, et il y a déjà un épanchement autour. C'est aigü, il faut opérer tout de suite. Et merde.
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- Comment c'est possible que ce soit arrivé si brusquement ? Je n'avais rien, et une demi-heure plus tard je me tordais de douleur.
- Ca devait couver depuis plusieurs jours, mais vous n'avez rien senti avant.
Comme me le rappellera L. au téléphone depuis GMK, deux jours plus tard : j'étais effectivement sur les rotules tout vendredi, et quasiment dans les limbes pendant la soirée, au moment de la répétition.
Ce qui me travaille finalement le plus, c'est que si je m'étais écouté je ne serais pas allé à l'hôpital, et j'aurais tranquillement attendu la péritonite. Ca aurait pu arriver, j'ai failli le faire. Je me demande s'il existe une autre version de moi, actuellement en train de mourir d'une septicémie dans une dimension parallèle. Au lieu d'écouter les Beatles en regadant le ciel gris, avec une cicatrice "McBurney" sur l'abdomen, quoi.
Du Spasfon, je t'en foutrais.
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